Un an après…

S’il y a un an, on m’aurait demandé comment je me voyais un an plus tard, j’aurais répondu : « Toujours en couple avec mon copain actuel, vivant avec lui à Belfort, avec certainement un projet de mariage. Niveau job, je serai soit en préparation d’un concours soit j’aurais trouvé un petit job, pas forcément dans mon domaine. »

Et je me serai plantée sur toute la ligne : actuellement, je suis célibataire, je vis à Rennes et j’ai un travail en CDI dans mon domaine.

Une année qui a été très mouvementée et qui me donne l’impression d’avoir duré bien plus que douze mois : j’ai vécu dans 4 villes différentes, occupé trois jobs, ai rencontré un nombre incalculable de nouvelles personnes venues de différents coins du globe, lié de profondes amitiés, vécu aussi bien de terribles moments que d’excellents… Heureusement que j’ai une grande capacité d’adaptation! Je parlais d’ailleurs avec mes amis de certains évènements en les datant de deux ans alors que non, ils dataient seulement de l’année dernière…

En une année, j’ai + vécu que durant les 7 précédentes, d’où cette impression que le jour où j’ai posé le pied en terre écossaise a été le premier jour du reste de ma vie…

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Entre le 19 août 2014 et le 19 août 2015, il y a tout d’abord eu des mots d’une violence extraordinaire tenus par l’homme que j’aimais, des mots que je ne souhaite à personne d’entendre… Il ne m’a pas simplement quitté le jour là mais détruit ; détruit la confiance que j’avais en lui, en nous, en moi. Mon monde s’est écroulé sous mes pieds, alors j’ai quitté la France pour me reconstruire ailleurs.

L’Écosse m’a sauvé et m’a apporté bien plus : j’ai tout simplement commencé à vivre. J’ai ainsi acquis indépendance et autonomie pour ne plus jamais centrer ma vie autour d’un homme. J’ai gagné une maturité dont je n’ai pas forcément conscience (sauf quand je mets en relief mes réactions à celles que j’aurais eu auparavant) mais que mes proches ont remarqué. Je le remarque également dans des petites situations anodines. Par exemple, avant quand je ne savais pas faire quelque chose (comme recoudre un bouton ou réparer une chaise branlante), je demandais de l’aide à mes proches, maintenant je leur demande de m’apprendre à le faire. Mon attitude a changé, je suis devenue adulte.

Si l’Écosse a représenté mon adolescence, le retour en France a marqué mon entrée dans la vie adulte. Une entrée très chaotique, les premiers mois ont été très difficiles mais je peux enfin dire que depuis quelques semaines, j’ai pris mes marques et je me sens bien dans ma vie, dans ma ville, dans mon chez-moi. D’ailleurs le retour en France a signifié avoir mon premier Home Sweet Home ! J’ai toujours vécu seule depuis que je suis majeure mais l’appartement était une boite à chaussures et pas vraiment cosy… Alors je crois que c’est ma plus grande fierté de cette année : avoir réussi à trouver un petit nid douillet dans lequel je me sens bien, dans lequel je n’ai pas honte d’inviter mes amis ou un potentiel amoureux.

Cette année écoulée a été dure : le deuil de mon histoire d’amour, la solitude ressentie en Écosse (je pensais que la barrière de la langue serait le plus éprouvant alors que non, ça a été de me sentir autant seule, loin de tout et des personnes aimées… Mais là encore cela faisait partie de mon apprentissage), le premier choix douloureux de rester en Écosse ou rentrer en France, puis un second choix aussi douloureux et très personnel, les galères pour trouver un appartement, la galère pour s’intégrer dans un nouvel environnement professionnel, la fatigue physique causée par les déménagements, l’épuisement mental…

Mais vous savez quoi ? Je ne regrette rien et si c’était à refaire, je le referai (bon en changeant quelques détails au passage). Cette rupture m’a été bénéfique, elle m’a anéantie à un tel point que j’ai pu renaître et être enfin moi. Vivre enfin la vie que je voulais, commencer à réaliser mes rêves et surtout GRANDIR !

Même si je n’ai pas encore pardonné à mon ex pour les propos qu’il m’a tenu, même si j’ai conscience que tant que je ne me serai pas libérée de mon ressentiment à son égard, je ne pourrai pas m’engager librement dans une nouvelle histoire d’amour, je suis fière du chemin que j’ai parcouru durant cette année écoulée. Et finalement, quand je repense à la vie que je me serai imaginée, elle me paraît fade et moins satisfaisante que ma vie actuelle.

Bref, c’est un bilan positif que je dresse aujourd’hui et je garde à l’esprit que d’un évènement négatif, peut naître de belles choses.

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